La Gaslamp fantasy

Heaven Forest, cycle de Gaslamp fantasy ?

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Heaven Forest s’inscrit dès ces premières pages comme un roman XIXe (1889 pour être précis), dans un univers virginien (« victorien ») breytain (« britannique »). Nous sommes donc sur Terre, dans un cadre très proche de celui que nous avons connu il y a deux siècles.

Il s’agit donc d’une uchronie. C’est-à-dire que ce monde aurait pu être le nôtre si dans un lointain passé, le manaschiste ne s’était pas formé dans le sous-sol de certains cratères du monde, suite à la putréfaction d’une forêt ancestrale détruite par la chute de météorite. Le manaschiste est donc le point de césure entre la destinée de cette Terre-là et de la nôtre.

Uchronie XIXe : checked !

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Connu depuis toujours dans certaines régions isolées, le manaschiste se retrouve désormais exploité à grande échelle, et prend la place que nous accorderons au pétrole dans notre propre monde. De plus, son utilisation permet une brutale avancée de la science et du développement technologique de la société. La révolution industrielle est en marche ! Nous sommes ici dans un contexte de « steampunk ». Ou comme disent les puristes de « dieselpunk » puisque l’énergie n’est pas liée à la seule vapeur.

Steampunk : checked !

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Au niveau scénaristique, le texte s’ouvre comme un roman policier. On suit l’enquête criminelle des inspecteurs Rhys Overlake et Airon Offlight, avec ses recherches d’indices à défaut de preuves, ses bagarres musclées et ses interrogatoires plus psychologiques. Là encore, cet aspect d’enquête est typique du mouvement Gaslamp fantasy

Policier : checked !

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Mais Heaven Forest serait un roman policier et non une œuvre de l’imaginaire, si le fantastique ne s’invitait pas dans l’histoire. Les mutations sur la population liées au manaschiste attirent dès les premiers chapitres l’attention. Ce monde a subi quelque chose sans sa texture qui donne à nos mythes sa réalité.

Surnaturel : checked !

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Un polar fantastique au début, qui évolue vers de la dark fantasy, puis vers de l’urban fantasy, avec une touche de « dieselpunk » puisque l’énergie principale n’était pas de la vapeur comme dans le « steampunk », le tout dans un univers victorien à la science galopante et de cultes atypiques.

Au-delà même de l’aspect policier, c’est toute une atmosphère de complots, de trahisons, de lutte entre cultes qui prend peu à peu de l’ampleur au fil des tomes. Un scénario riche et dense en camps et en rebondissement.

Complexité & complots : checked !

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Quant à l’atmosphère, le Gaslamp est hérité des romans gothiques anglais où l’horreur et les passages plus romantiques s’alternent, où les émotions sont attisées jusqu’à leur paroxysme. Sans compter, les petites promenades dans les cimetières de la ville, l’inauguration récente de l’aile d’égyptologie du plus grand musée de la ville, la balade touristique dans Darkwood ne démérite pas par rapport aux grandes références du gothique.

Inspiration dark/gothique : checked !

Cadre urbain : checked !

*

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La Gaslamp fantasy met en valeur un roman ayant pour cadre la société XIXe avec un cadre victorien/napoléonien/autre empire ou royaume travaillé et étayé. Elle offre des univers où la science bondit soudain et où de nouvelles énergies sont exploitées. Elle n’est pas un récit réaliste ou historique pur, car elle joue avec des éléments du surnaturel qui donnent un aspect d’uchronie fantastique à son univers. Elle met en jeu une enquête aux ressorts souvent complexes. Elle est héritière du style du roman gothique et elle place souvent les personnages dans des cadres urbains.

En conclusion, si M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, j’ai eu la délicieuse surprise de savoir que ma Muse était une fervente défenseuse de ce genre littéraire encore peu connu qu’est la Gaslamp fantasy.

Je me promets désormais de découvrir les auteurs anglophones et francophones la pratiquant actuellement. Et vous, en aviez-vous déjà lu a ?

4 réflexions sur “La Gaslamp fantasy

  1. J’ai récemment découvert Feldrik Rivat avec « La 25e heure, première enquête ». Après m’être longtemps interrogée sur le genre auquel appartenait ce roman (fantasy urbaine? steampunk? uchronie?), j’ai finalement compris qu’il remplissait toutes les cases de la gaslamp fantasy ! 😀

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    • Ah ! Voilà une référence que je ne connaissais, mais d’un auteur (Feldrik Rivat) pour lequel j’ai beaucoup de respect. J’ai un ami qui pourra me le prêter. Un autre auteur qui fait de la gaslamp en France est Dorian Lake, avec sa série chez Noir Absinthe : « Isulka ».

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  2. Bon sang, voilà qui me semble bien précis et bien compliqué. Je ne suis pas pour les dénominations complexes et nombreuses qu’on ne peut pas décemment ressortir à la bonne société des non initiés (sachant que les initiés eux-mêmes nous regardent avec des yeux ronds) mais je salue le fait que, en révisant la catégorie précise de notre ouvrage, on y intègre les éléments réglementaires : le policier, l’angoisse, l’uchronie… C’est comme une ligne de conduite pour enrichir le récit.
    Mais du coup, tu as écris un roman pour coller au genre ou bien le genre collait bien à ton roman ?

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    • Bonsoir Delphine.
      Je n’étais nullement en recherche d’un nom de genre, mais quand j’en parlais avec des lecteurs, des amis et même des éditeurs, j’avais bien du mal à savoir dans quelle catégorie présenter mon oeuvre. On me proposait « uchronie de fantasy », mais je m’en sentais un peu loin, surtout avec le début en « polar fantastique », le milieu en « fantasy épique », et l’aspect de « fantasy urbaine » tout en restant en « fantasy victorienne » à peine « dieselpunk ». Mélange à la croisée des chemins, qui au début été désigné sous le terme « d’ovni » ou « du truc ».
      Et puis, à la fin de la lecture du tome 2, une de mes lectrices m’a dit « mais savez-vous que c’est de la gaslamp fantasy ? » C’est ainsi que j’ai découvert le genre. Et avec stupéfaction, j’ai vu que je remplissais l’intégralité des critères et la liste est pourtant longue.
      Comme un malade qui est enfin heureux qu’on mette un nom de maladie sur ses signes, me retrouver enfin dans une classification existante m’a apporté beaucoup de soulagement et de la confiance en moi.
      Tout cela pour dire que j’ai écris le cycle sans tenir compte d’une moindre classification, et que la reconnaissance du genre étant venue secondairement, je l’ai accueillie les bras ouverts, sans avoir à changer quoi que cela soit à mon scénario.

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