Le Style, j’épure.

J’ai des amis qui ont programmé leur bibliothèque de styles pour donner une valeur spéciale à chaque passage. Ils marquent ainsi les dialogues, les narrations, les néologismes à expliquer plus tard dans une annexe, etc. Disons la vérité : mes amis sont des informaticiens, ils connaissent bien les rouages des logiciels d’écriture. Par contre, est-ce votre cas ?

À l’heure actuelle, le format PDF permet de faire une photo instantanée de votre texte et de le transmettre ainsi à tous vos lecteurs. C’est loin d’être le cas avec un simple document texte (ex : ldoc, .docx, .odt), et encore moins lors d’une conversion epub. Votre lecteur risque d’avoir des surprises ! Votre police peut devenir totalement farfelue chez lui, des mots devenir énormes ou en gras ou l’inverse, des polices changées brutalement, des jambages disparaître, le haut des mots être coupés, etc. Même si votre lecteur a le même logiciel de traitement de textes que vous, les surprises sont possibles.

Il faut donc s’en tenir à des choses très simples.
Premièrement, il faut tenter que votre modèle de document ait le moins de styles automatiques possibles. Je vous jure, cela vous simplifiera la vie. Si vous savez le faire, virez tous les styles créés de toutes pièces par votre logiciel. N’en gardez très peu. Un style de « corps de texte » (alias « normal ») et un style pour les titres. Petite exception peut-être pour les notes de bas de page, à garder si vous vous en servez.

Si vous êtes ici, c’est que vous écrivez des histoires, pas des manuels. Donc, virez tous les autres styles, ils ne vous servent à rien ! S’il vous vient ensuite la volonté de convertir votre texte sur un logiciel éditorial ou de transformation numérique, vous me remercierez ensuite.

Pour le style, prenez quelque chose de très simple au niveau de la police. On conseille généralement une police « à empattement ». Elles sont marquées dans la liste des polices par deux T voisins, avec des formes bien rigides. Elles sont plébiscitées par les professionnels. Ce sont celles qu’on retrouve dans la presse et dans la plupart des œuvres imprimées. Les polices non empattées sont indiquées dans les listes de police par un O oblique. Elles sont visuellement plutôt jolies, mais beaucoup les considèrent comme « pour les amateurs ».

Vous pouvez avoir tendance à vouloir utiliser plusieurs polices. Pour marquer des langues différentes, des extraits de documents lus par vos personnages ou une rédaction manuscrite de leur part, ou je ne sais quoi encore. Cela est une volonté compréhensible et respectable. Cependant, le choix de la police doit se faire de façon très attentive. Quitte à mettre de côté une police (sans droit d’exploitation pour un usage commercial) qui vous plaît pour en discuter avec votre futur éditeur, dans un premier temps, visez la simplicité : choisissez des polices différentes certes, mais très classiques. Demandez à vos amis ce qu’ils ont dans leur liste de polices, cela sera déjà un bon début.

Optez aussi pour créer un style pour les « titres de chapitre ». C’est très utile au moment où il faudra faire un sommaire automatique. C’est bien aussi pour s’y retrouver dans une lecture sur écran grâce aux options de « explorateur de document ». C’est également magique pour avoir un beau sommaire automatique sur un epub.
N’hésitez pas de jeter un coup d’œil régulier sur l’explorateur interne de document (F5 sur Open/Libre Office, option « affichage/explorateur de document » sous Word). Parfois, sans qu’on sache pourquoi, le logiciel de traitement de texte pense que certains paragraphes sont des titres… Il va donc les inclure dans les sommaires, c’est ennuyeux. Pensez à les remettre en « normal ».

À noter : si vous ne voulez pas qu’un sous-titre apparaisse dans un sommaire, dans les options de style, vous pouvez conserver une apparence égale à celle du titre, mais qualifier ce style non pas de « titre » mais de « corps de texte ».

Au total :
* Minimiser le nombre de styles au sein d’un document
* Ayez un style spécial pour les titres.
* Réduisez votre nombre de polices aux plus courantes, et si possible choisissez une police à empattements.